jeudi 17 juin 2010

Les amours mortes

Le trouble s'est peu à peu installé, tu t'es faite silencieuse.
Je t'observais, baissant timidement les yeux et tu semblais lire mon attitude avec une clairvoyance déconcertante que j'attribuais à ton expérience.
Je n'ai su qualifier la musique, malgré ma formation de pianiste maudite, peut être Haydn ?
Les reflets auburn encadraient ton visage et accompagnaient ton regard morne d'un contraste des plus vifs. Les routes disséminées sur ton visage me donnait une lecture conséquente, j'imaginais les chemins pris, ceux abandonnés pour aboutir dans une boutique miteuse à devanture moisie.

Que reste-t-il de tout cela, dis le moi ? Ton odeur semblait d'un autre temps, de celui où on se pare, où on pourrait s'adorer soi-même tant la beauté de la jeunesse est facile. Je m'enivrais de ton parfum que j'aurai aimé arborer sur ma peau pour me sentir femme, tout en entendant le murmure lointain de conversations collatérales et banales. Je pensais à l'Homme, à l'Antique. Tu en étais tellement loin, de ces canons, tu ne représentais pas même le corps sain, tes yeux m'attristaient.


Ce garçon si maigre, ce Vicomte, j'imaginais sa peau blanche en te regardant. Je le voyais cru et nu quand tes rides t'habillais d'un dégoût qui te rendais difficile à adorer.

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